L’épicerie de Joséphine et celle de Renée sont les deux commerces qui viennent naturellement à l’esprit en évoquant les épiceries leschoises…et pourtant, au XX ème siècle, il en exista deux autres, restées seulement dans la mémoire d’un très petit nombre de personnes.

La rue du château

En effet, dans une grande bâtisse, dite “le château”, située au cœur du village, il y avait une épicerie toute simple dans une pièce à laquelle on accédait par un escalier extérieur et une petite terrasse toujours en place aujourd’hui, juste en face de l’étroite calade qui part en face du mur est du Bistrot ou de celle qui longe le côté ouest de la maison d’hôtes La Cupidone

Elle a été tenue jusqu’à la fin des années 1920 par “La Mère Gertrude” qui y vendait des articles d’épicerie ; Claire, à présent très âgée et probablement encore la seule  à avoir en mémoire la représentation de ce commerce, se rappelle avoir accompagné ses cousines pour y acheter des bonbons. Bien entendu rien ne pouvait être pesé sans l’indispensable balance Roberval qui d’ailleurs, malgré les années, n’a pas quitté le village.

La Roberval de la Mère Gertrude

 

En ce début du XX ème siècle, à 50 mètres environ, en haut de la rue des Bergers, un autre point d’épicerie était ouvert une fois par semaine dans une pièce à laquelle menait un escalier sur la façade ouest de l’ancienne maison Reymond.

Escalier d’une ancienne épicerie

C’est “La Mère Liotard”, épicière à Beaurières, qui venait y vendre ses produits d’épicerie qu’elle montait au village dans sa calèche attelée à un cheval mais elle proposait surtout des pièces de boucherie et d’ailleurs pour les villageois c’était “la bouchère”.

La première “vraie” épicerie a été ouverte, elle,  en 1930 par Joséphine Armand, dite familièrement “La Mémé Fine”.

Elle était beaucoup plus facile d’accès puisqu’elle était installée au rez-de-chaussée de la maison familiale sise en haut du village, côté est.

Sur ces deux clichés anciens sont visibles à gauche de la façade la porte d’entrée et en son milieu la pancarte indiquant “épicerie tabacs”.

Après avoir écarté le rideau et franchi la porte d’entrée qui n’a pas changé, le client descendait une marche et se trouvait directement dans la boutique avec face à lui une table en bois sur laquelle trônaient l’incontournable balance Roberval

Balance Roberval

ainsi que des carnets, des papiers, des sachets d’emballage…et surtout des boîtes transparentes renfermant des bonbons, des caramels gagnants et autres rouleaux noirs de réglisse…

A droite, étaient disposées des étagères et au sol des sacs en jute contenaient des articles vendus en vrac et au poids : du riz, des céréales mais aussi des planches de morue salées et malodorantes. A l’arrière, sur le mur de gauche, s’empilaient sur d’autres étagères de nombreuses et diverses boîtes de conserves, des denrées alimentaires variées et des produits ménagers (savon, eau de Javel…). Il était aussi vendu de l’huile, du vin, du tabac, des timbres et des cartes postales et bien plus tard des bouteilles de gaz.

Malgré les vicissitudes de la vie, élevant seule ses trois enfants, Georges, André et Mireille, depuis son veuvage, elle accueillait chacun avec une grande gentillesse et toujours avec le sourire. Dès qu’un client entrait dans son magasin, elle arrivait immédiatement par la porte donnant sur sa cuisine où  elle préparait le repas et s’occupait des tâches familiales sans oublier qu’il fallait aussi traire la vache et baratter le lait pour le beurre…et qui plus est, elle faisait office  d’infirmière car elle “savait” faire les “piqûres”.

En ce temps-là, la plupart des clients ne payaient pas au comptant mais à la semaine ou au mois et Joséphine consignait ainsi dans un cahier d’écolier les achats de chacun.

L’un de ses petits-enfants se rappelle aussi avoir aidé “La Mémé Fine” à classer et à coller sur un cahier les tickets de rationnement durant la deuxième guerre mondiale.

L’activité a duré jusqu’en 1965, année de sa fermeture ; avec elle une autre page de l’histoire du village était tournée et bien sûr les villageois regrettèrent vivement la disparition de leur épicerie, lieu de rencontre et d’échanges au-delà de l’activité commerciale proprement dite.

La même année, Renée Miallon prenait la relève et ouvrait une nouvelle épicerie : “La Petite épicerie”.

Son époux Louis, dit Lili, l’avait aménagée dans une dépendance attenant à son habitation sise en decà de la route départementale, non loin du Monument aux Morts.

Louis dit Lili

Renée, aidée de ses filles Marie-Claire et Régine, y vendait tous les produits d’une épicerie classique mais aussi les légumes du jardin.

Comme les meilleures choses ont une fin, en 1982 ce nouveau commerce ferma et c’est ainsi que le village vit depuis sans épicerie…

 

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