Le drapeau tricolore sur le monument aux Morts leschois

Au lendemain de la guerre de 1914-1918, les communes de France dont deux familles sur trois étaient endeuillées, ont voulu honorer leurs morts et ne pas les laisser dans l’oubli.

” La France veut partout, du Nord aux Pyrénées,

   En la ville opulente, en le modeste endroit,

   Donner un souvenir à ces tristes années,

   A ceux qui sont tombés pour l’ Honneur et le Droit “

André Gillouin Poète-paysan ou Paysan-poète de Molières.  Jours de Guerre.

C’est ainsi qu’est venue l’idée d’ériger un monument, de dresser une stèle ou même parfois d’apposer une simple plaque. Entre 1919 et 1925, plus de trente mille communes ont donc rendu hommage à leurs morts, à l’initiative et/ou avec l’aval du Conseil municipal ou souvent d’un Comité chargé de suivre toutes les étapes (levée de fonds, conception, architecture…) ; dans tous les cas, cette démarche était avant tout collective, la plupart des familles étant touchées par cette tragédie.

Le style architectural, les éléments décoratifs et les lieux d’implantation varient suivant le choix de chaque commune et reflètent l’état d’esprit qui dominait au lendemain de cette Grande Guerre : patriotique avec un coq ou une Marianne rappelant la République, religieux, funéraire près d’un cimetière, guerrier avec des attributs militaires ou bien un soldat, voire une oeuvre d’art naïve…Le plus souvent, c’est sur catalogue que le choix est arrêté.

Dans le Diois, rares sont les communes qui ont échappé à cet élan de mémoire mais le caractère architectural est resté relativement dépouillé même si peuvent être trouvés dans des villages des ensembles plus réalistes et très travaillés.

Châtillon Monument aux Morts

A Lesches, après décision du Conseil municipal, un monument voit le jour en 1921. Tout en pierre, son style est simple et sobre : une large base surmontée d’une colonne pyramidale terminée par une croix et protégée d’une clôture en fer forgé ; seul un obus aux quatre angles rappelle ostensiblement le souvenir de la guerre. Il a été érigé face au dôme marneux de Chaitieu, sur un coin d’herbe, le long de la route D175 et de l’autre côté de la Place du Charel, et restauré en 2015.

Monument aux Morts

Sur le corps central et sur une plaque le nom des morts à la guerre est inscrit.

Aujourd’hui, ces monuments parfois décriés, critiqués ou sujets à controverses ne déplacent plus les foules d’antan lors de la commémoration du 11 novembre, jour marquant la fin de cette Grande Guerre, alors que jadis, le souvenir vivace alimentait encore une ferveur populaire comme en témoignent des photographies anciennes. En revanche, ce jour-là, le drapeau tricolore orne toujours le monument, témoin du souvenir  du sacrifice des “enfants du pays”, “morts pour la France”, mention spéciale créée par le Parlement en juillet 1915 pour revigorer le moral en berne de la population civile en donnant ainsi une dimension symbolique à toutes ces vies anéanties et faire mieux accepter aussi les échecs militaires ; l’Etat ira même jusqu’à décréter en décembre qu’il prendra en charge les frais d’une sépulture perpétuelle pour tout soldat disparu.

Lire pour plus d’informations “Le Diois dans la Grande Guerre” édité par le musée de Die et Dea Augusta

 

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