Actuellement, quelques noyers sont encore en place dans les jardins et la campagne environnante, certains ayant 70, 80 ans voire plus. Certes, ils sont de plus en plus rares car la mécanisation de l’agriculture et diverses contraintes ont entraîné l’arrachage de la plupart de ces arbres jadis choyés ; d’ailleurs, en haut du village, grâce au talent d’un villageois,  un superbe coq sculpté à la tronçonneuse dans un tronc rappelle qu’un beau noyer a vécu dans ce coin.

coq en noyer

Ces noyers épars ne font pas l’objet d’une attention particulière, hormis un exceptionnel élagage pour quelques-uns. Les variétés de noix sont diverses telles que la franquette, la parisienne, la mayette, la grenobloise…

Au fil des saisons, le noyer se transforme et les noix se développent.

Après le long repos hivernal de la sève, commence en avril un nouveau cycle d’apparition de la noix jusqu’à se détacher des branches au début de l’automne. Aux prémices du printemps, les feuilles rougissent alors, les fleurs femelles pollinisant les fleurs mâles. Au mois de mai, c’est bien connu, la sève monte et la croissance du fruit est lancée pour devenir, en été, une grosse boule verte parfois encore utilisée pour le vin de noix, selon la traditionnelle recette locale. En septembre, elle ne demande qu’à s’ouvrir et son brou va commencer à éclater jusqu’à entraîner la chute du fruit emprisonné dans sa coquille. Pour les connaisseurs et les initiés, déguster le cerneau frais de la noix tout juste tombée est un véritable régal. Puis, tandis que les dernières noix quittent leur hôte et avant que l’hiver n’arrive, les feuilles tombent et tombent laissant à l’arbre une silhouette décharnée ; seules les feuilles sur les chemins et les passages seront enlevées, le vent se chargeant de balayer les autres.

Les noyers en hiver

Quelques anciens du village, aidés par des membres de leur famille, continuent, chaque automne, à récolter les noix, perpétuant ainsi un savoir-faire ancestral. Ici, point de machine qui secoue l’arbre pour les faire tomber, leur chute est naturelle, favorisée et accélérée par la bise et la pluie mais aussi par la longue gaule en bois transmise de génération en génération. Quant au  ramassage, lui non plus n’est pas mécanisé ; tout se fait à la main ou mieux, depuis quelques années, à l’aide d’un nouvel outil dont le panier grillagé, roulé sur le sol, piège les noix qui le jonchent. Quel gain de temps et quel soulagement pour le dos !

panier grillagé de ramassage des noix

Puis, après un premier tri à la main, les noix sont étalées sur des claies grillagées, stockées dans des espaces ventilés et jouissant d’un certain ensoleillement.

“L’hiver, il est coutumier d’inviter les voisins à venir “énoyer” en passant la veillée. Enoyer c’est tout d’abord casser les noix avec un maillet, sur une tuile ronde dite “romaine” posée sur le genou: un coup sec et la noix s’ouvre.

Enoyage de la noix au maillet

Cette tâche délicate est confiée au plus âgé. Enfin le fruit sec est trié en quatre lots : les cerneaux, les moitiés ayant plus de valeur marchande, l’arlequin, un peu moins (moitié à laquelle il manque une jambe)…” * Les plus beaux cerneaux alimentent ainsi le circuit de la confiserie-pâtisserie tandis que les autres sont destinés à la consommation familiale tout comme la belle huile, au goût unique et aux multiples vertus.

A Lesches-en-Diois, tout est biologique et artisanal dans le domaine de la noix!

* ” Il n’est pas trop tard … pour parler de résistance” Jean Abonnenc Imprimerie Cayol

 

Quelques photos ci-dessous en sont le meilleur témoignage.

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