Tilleul mi-juin 2011

      Les tilleuls de Lesches-en-Diois 

 Autour de la place du Charel, au bord de la route départementale, dans le village et les jardins, les tilleuls à petites feuilles sont encore très nombreux. Ce sont aujourd’hui des arbres d’ornement mais au siècle dernier la cueillette de leurs fleurs complétait les recettes de la ferme de la quasi-totalité des villageois.

Jadis chaque année, les lots de plusieurs arbres de la place du Charel, propriétés de la commune, étaient attribués, par adjudication et petite enchère, à différents candidats, résidents de la commune ou des villages voisins et aussi enfants ou amis des familles leschoises. Certains consacraient ainsi une partie de leur congé annuel à cette activité qui leur assurait un complément de revenus.

 L’ été, fin juin et début juillet, alors que les abeilles transformaient le Charel en une véritable ruche bourdonnante et que la délicate odeur des fleurs de tilleul embaumait tout l’ environnement, au petit matin, les hommes arrivaient au pied des arbres avec leur échelon (petite échelle confectionnée localement et adaptée à son positionnement dans les arbres), leur saquette de toile et leurs bourras de toile de jute. Les plus jeunes grimpaient à l’échelle, équipés d’un sécateur et d’une scie égoïne pour couper des branches, élaguer et éclaircir l’ensemble. Les branches coupées étaient ensuite regroupées autour du bourras destiné à recueillir les fleurs cueillies.

Les plus agiles, leur saquette de toile sur le devant, allaient de branche en branche  pour cueillir directement sur l’arbre et,  une fois la saquette remplie, descendaient  la vider dans le bourras. Les autres membres de la famille, les amis, les enfants, les personnes âgées et aussi des vacanciers, s’installaient, eux, autour du bourras, une branche à la main pour cueillir les fleurs.

C’était l’occasion de moments privilégiés, de rencontres, de dialogues conviviaux intergénérationnels et aussi d’échange avec ceux qui avaient quitté le “pays” et vivaient dans une grande ville, le plus souvent Lyon ou Marseille.

 

En fin d’après-midi, le contenu des bourras était déversé et étalé dans un galetas ou une grange très aérée et ventilée pour en assurer le séchage. Quotidiennement ces tapis de fleurs devaient être remués et retournés  pour éviter leur moisissure et leur noircissement.

 

En fin de saison, les fleurs séchées étaient rassemblées dans des bourras et déposées devant le camion des collecteurs qui passaient assez régulièrement. Les vendeurs négociaient le prix et, après accord sur la qualité de la marchandise et le prix, la récolte était pesée et vidée dans le camion.

Cette activité a décliné au fil des années 1960-1970 avec la diminution de la main d’oeuvre, notamment familiale et la baisse des cours…pour finalement disparaître.

 

Pour en savoir plus sur le tilleul dans la Drôme au XXème siècle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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